D’un temps à l’autre, nous lisons un fait divers sur un patient mort à cause de la négligence dans un hôpital ou d’un autre victime d’une grave atteinte à la santé à cause d’une «erreur» commise par un médecin. Le problème est que, dans nombreux cas, le médecin responsable est sensé être un grand spécialiste et parfois même un médecin de renommée.
En janvier 2016, le Conseil des ministres a émis une décision portant création à l’autorité de formation obligatoire des médecins. Autorité qui serait responsable de la formation des médecins et du renouvellement de leur permis d’exercice du métier.
Il est à noter que l’Egypte est parmi peu de pays qui donnent un permis à vie pour l’exercice de la médecine. Raison pour laquelle il était indispensable de régulariser l’exercice de ce métier. L’autorité de formation obligatoire des médecins appliquera dorénavant de nouvelles règles. Tous les étudiants en médecine en Egypte doivent passer, depuis mars 2020, un examen unifié avant d’obtenir leur permis d’exercice. Ce permis sera renouvelé tous les cinq ans à condition que le médecin ait assisté à un certain nombre de séminaires et de stages de formation.
Pour et contre
L’idée de renouveler le permis d’exercice est nouvelle en Egypte. Pour chaque idée nouvelle, il y en a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre.
Les patients bien sûr apprécient la décision. Selon eux, c’est une garantie de la bonne performance des médecins. Pour les médecins, c’est différent. Certains y voient un moyen de lutter contre les erreurs médicales et de promouvoir le niveau des médecins. D’autres redoutent que le renouvellement du permis ne se transforme en une forme de corruption ou un moyen d’imposer des tarifs exorbitants.
«Ce serait peut-être une bonne idée mais nous n’avons pas d’informations suffisantes sur les procédures. Le ministère de la Santé doit durcir le contrôle sur les cliniques privées car pas tous les médecins sont titulaires d’un magistère. Certains médecins travaillent dans leurs propres cliniques et prétendent avoir obtenu des certificats sans en être vraiment titulaires», indique Arm Hassan, un consultant de gynécologie à Al-Qasr Al-Aïni.
D’après Ahmad Al-Sabaoui, un médecin récemment gradué, la majorité de ses collègues redoutent le nouveau système d’exercice de la médecine. Pourtant, la majorité des jeunes médecins sont d’accord avec l’idée de ne pas obtenir un permis «à vie» pour l’exercice de la médecine. L’exercice de la médecine en Egypte mis à part, jetons un coup d’œil sur les conditions d’exercice de la médecine dans d’autres pays.
France
Conformément à l’article L.4111-1 du code de la santé publique, nul ne peut exercer la médecine en France s’il n’est pas:
1.titulaire d’un diplôme, d’un certificat ou d’autre titre mentionné à l’article L.4131-1
2.de nationalité française, de citoyenneté andorrane ou ressortissant d’un Etat membre de la communauté européenne ou partie à l’accord sur l’Espace économique européen, d’un pays lié par une convention d’établissement avec la France ( …)
3.inscrit au tableau de l’Ordre des médecins, cette dernière condition étant notamment subordonnée à la réalisation des deux premières.
Des médecins, français ou ressortissants communautaires ou étrangers qui ne satisfont à l’une ou l’autre, voire aux deux premières conditions posées à l’article L.41111 du code de la santé publique peuvent être autorisés à exercer la médecine par arrêté individuel du ministre de la Santé.
L’inscription au tableau de l’Ordre est obligatoire pour tout médecin exerçant sur le territoire français sous peine de poursuites pour exercice illégal de la médecine (…)
Grande Bretagne
En Grande Bretagne, les médecins doivent figurer sur la liste du Conseil Général de Médecine, le «General Medical Council (GMC)» pour pouvoir exercer la médecine au Royaume. L'inscription auprès du GMC confère aux médecins un certain nombre de prérogatives et de devoirs. L'inscription peut être à titre provisoire ou complet. L'inscription provisionnelle est accordée aux individus diplômés d'une école ou d’une faculté de médecine et ayant entamé leur première année de formation professionnelle (F1). L'enregistrement peut devenir complet et définitif au terme de cette première année. Avant octobre 2007, un troisième type d'inscription, l’inscription limitée, était accordée aux diplômés étrangers ayant réussi l'examen du Conseil d’évaluation professionnelle et linguistique (PLAB), et nécessitait, pour devenir complète, que soit accomplie une période de travail au Royaume-Uni. L'inscription limitée a été supprimée le 19 octobre 2007 et les diplômés étrangers peuvent depuis lors demander leur inscription soit provisoire, soit complète, en fonction de leur expérience professionnelle. Ils doivent cependant faire preuve d'une maîtrise de l'anglais. Le GMC assure le déroulement de l'examen du Conseil d'évaluation professionnelle et linguistique, auquel doivent se soumettre tous les médecins étrangers hors Union européenne souhaitant exercer au Royaume-Uni.
Canada
Le Conseil médical du Canada (CMC) a pour mission d’évaluer ses médecins au Canada. Il est toutefois à noter que le CMC n’octroie pas de permis ouvrant droit d’exercer la médecine. La délivrance de ces permis relève plutôt des Ordres des médecins.
Le CMC octroie un titre de compétence en médecine, celui de Licencié du Conseil Médical du Canada (LCMC), aux médecins diplômés qui ont satisfait aux exigences d’admissibilité suivantes:
Ils ont réussi l’Examen d’Aptitude du Conseil Médical du Canada (EACMC), partie I, et l’EACMC, partie II (ou une évaluation clinique jugée comparable à l’EACMC, partie II).
Ils ont terminé avec succès au moins 12 mois de formation médicale clinique postdoctorale acceptable ou un équivalent acceptable.
L’inscription à titre de LCMC ne s’accompagne pas de la délivrance d’un permis ouvrant droit d’exercer la médecine. La délivrance de ces permis relève des Ordres des médecins. Le LCMC est plutôt une composante de la Norme canadienne d’obtention d’un permis d’exercice de la médecine sans restriction qui définit les exigences pour commencer à exercer la médecine de façon indépendante. Tout médecin qui satisfait aux exigences relatives au LCMC est également inscrit au Registre médical canadien.